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Comment faire exécuter en Suisse un jugement rendu à l’étranger ?

En bref

Le jugement doit d’abord être reconnu et déclaré exécutoire en Suisse. Pour une décision rendue dans un État lié par la Convention de Lugano, le contrôle est limité et la procédure rapide ; pour les autres États, la LDIP s’applique et ses conditions sont plus strictes.

Deux régimes

Les décisions rendues dans l’Union européenne, en Norvège ou en Islande relèvent de la Convention de Lugano. Le juge suisse ne revoit pas le fond ; il vérifie seulement l’absence de motifs de refus limitativement énumérés, comme la violation de l’ordre public ou des droits de la défense.

Les décisions rendues ailleurs, notamment au Royaume-Uni, aux États-Unis ou en Amérique latine, sont soumises aux articles 25 et suivants de la LDIP. Il faut établir la compétence indirecte du tribunal étranger, le caractère définitif de la décision et l’absence de motif de refus.

Par quelle voie

Pour une condamnation en argent, la reconnaissance peut être examinée à titre incident dans la procédure de mainlevée d’opposition, ce qui permet d’enchaîner directement sur la poursuite. Elle peut aussi être demandée séparément, avant d’engager l’exécution.

Un jugement étranger exécutoire constitue un titre de mainlevée définitive. Il ouvre donc, à lui seul, la voie du séquestre des biens du débiteur en Suisse.

Cette note a valeur d’information générale. Elle ne constitue pas un avis juridique et ne remplace pas l’examen d’une situation particulière.