Une entreprise peut-elle être condamnée pénalement en Suisse ?
En bref
Oui. L’article 102 du Code pénal permet de condamner l’entreprise elle-même à une amende pouvant atteindre cinq millions de francs. Pour la corruption, le blanchiment et le financement du terrorisme, elle répond indépendamment des personnes physiques si son organisation n’a pas empêché l’infraction.
Deux formes de responsabilité
En règle générale, la responsabilité de l’entreprise est subsidiaire : elle n’est engagée que si l’infraction commise dans l’exercice de son activité ne peut être imputée à aucune personne physique déterminée, en raison d’un manque d’organisation.
Pour une liste d’infractions, notamment la corruption d’agents publics suisses et étrangers, la corruption privée, le blanchiment d’argent, l’organisation criminelle et le financement du terrorisme, l’entreprise répond en parallèle des personnes physiques. Il suffit qu’on puisse lui reprocher de ne pas avoir pris toutes les mesures d’organisation raisonnables et nécessaires pour empêcher l’infraction.
Ce que cela implique
La question décisive devient celle de l’organisation : dispositif de conformité, contrôles, formation, réaction aux signaux d’alerte. Une enquête interne menée tôt et correctement documentée permet souvent d’établir ce que l’entreprise savait, et ce qu’elle avait mis en place.
Dans la procédure, l’entreprise est représentée par une seule personne, qui ne peut pas être elle-même prévenue pour les mêmes faits. Ce choix se prépare dès l’ouverture de l’enquête.
Cette note a valeur d’information générale. Elle ne constitue pas un avis juridique et ne remplace pas l’examen d’une situation particulière.